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Les Français et le style



Les Français et le style entretiennent une relation complexe et souvent nuancée dans l’aménagement intérieur. Dans le salon comme dans la chambre parentale, une grande partie des ménages se rattache à quelques familles stylistiques (contemporain/design, nature scandinave, charme/romantique, industriel, vintage, chic/art déco, campagne rustique). Pourtant, plus d’un quart des répondants ne se reconnaissent dans aucune de ces catégories, preuve que les styles « catalogue » ne suffisent plus à exprimer la diversité réelle des intérieurs habités et bricolés au quotidien. Si l’importance d’« avoir un style bien défini » reste moyenne, elle progresse nettement chez les 20-39 ans, plus sensibles à l’image de leur logement et à sa mise en scène.


Les Français distinguent imparfaitement style et ambiance : plus de la moitié ne fait pas vraiment la différence, même si près de 47% disent voir ces notions comme distinctes. Quand il faut choisir, l’ambiance globale de la pièce compte au moins autant, voire davantage, que le style des meubles pris isolément, surtout chez les plus jeunes.



Salon contemporain mêlant différents styles décoratifs, illustrant la diversité des intérieurs français


Ce qui fait vraiment le style


Interrogés sur ce qui définit le plus le style d’une pièce, les Français citent d’abord les objets de décoration (près de 60%), puis les meubles, les matériaux et les couleurs dominantes. Les motifs et imprimés jouent un rôle plus secondaire, et une petite minorité seulement évoque d’autres éléments comme la lumière ou la circulation. Dans le salon, le canapé est perçu comme le meuble le plus structurant, devant les buffets, enfilades et meubles TV, tandis que dans la chambre, le lit et sa tête sont centraux, loin devant les commodes ou les placards.

L’héritage pèse aussi sur le style : près de 4 foyers sur 10 possèdent des meubles hérités, proportion qui grimpe avec l’âge. Ces pièces anciennes sont autant perçues comme une aide qu’un obstacle à la cohérence du style, mais elles influencent les achats de mobilier et de déco pour près de la moitié des détenteurs, obligés de composer avec elles plutôt que de repartir d’une page blanche.


Les Français et le style : leurs attentes et styles désirés


Lorsqu’on leur demande leur « style idéal » sans contrainte de budget, les Français plébiscitent deux grandes familles : contemporain/design et nature‑scandinave, qui gagnent plusieurs points par rapport aux styles réellement déclarés dans les pièces. Les styles plus typés (industriel, chic/art déco, voyage/ailleurs) séduisent en second choix, souvent comme touches ou inspirations plutôt que comme trame dominante. Beaucoup aimeraient aussi voir revenir certains codes plus classiques, notamment le style « moderne bois » et, dans une moindre mesure, des références campagne/provençal ou Louis‑Philippe, témoignant d’un attachement à la chaleur du bois et à une certaine intemporalité.


Les Français expriment une attente forte d’inspiration et de mise en scène : plus d’un tiers disent s’être « débrouillés tout seuls », mais internet, réseaux sociaux, amis/famille et distribution physique constituent des réservoirs majeurs d’idées. Ikea et Maisons du Monde ressortent très nettement comme enseignes les plus inspirantes pour concevoir un style, bien au‑delà de leur seul poids d’achat, devant But, Conforama et Leroy Merlin.


Style, bien‑être et arbitrages


Plus de 8 Français sur 10 considèrent que la décoration et l’aménagement ont un impact sur leur bien‑être quotidien. Le séjour est de loin la pièce jugée la mieux décorée et la plus agréable (plus de 70% des réponses), devant la chambre parentale et la cuisine. Le style y est recherché autant pour l’esthétique que pour le confort et la praticité : les répondants mettent en avant le plaisir visuel, mais aussi l’envie d’un espace fonctionnel, facile à vivre et adapté à leur budget.


La plupart estiment qu’un style bien défini les aide à se sentir mieux dans la pièce, mais rejettent l’idée que le mélange de styles soit systématiquement un obstacle au bien‑être. Les petits objets et la décoration à bas prix sont perçus comme un moyen efficace de faire évoluer le style sans remettre en cause tout le mobilier, ce qui traduit une attente d’évolutivité et de flexibilité dans le temps.


Une relation au style entre liberté et cadres marchands


Enfin, l’étude montre que les Français naviguent entre liberté créative et cadres proposés par les enseignes et les médias. Les rubriques « idées déco » ou « style » des sites marchands sont utilisées par une minorité active mais influente, et un peu plus d’un quart des internautes qui les consultent se disent réellement en phase avec ces propositions. Les configurateurs d’aménagement restent encore peu connus (à peine 14% de notoriété), mais ceux qui les utilisent citent en tête Ikea et Leroy Merlin, ce qui confirme le rôle central de ces marques dans la structuration des attentes en matière de style et de scénarisation de l’habitat.

 

Le point de vue de l’Institut de la Maison


L’Institut de la Maison estime que le rapport des Français au style va rester un moteur important du marché, mais sous des formes plus diffuses et hybrides qu’auparavant. La progression des intérieurs contemporains et nature‑scandinaves, combinée au retour de styles plus chaleureux (campagne, moderne bois, classique chic), ouvre un champ large pour des collections modulables, capables de se mixer plutôt que de s’imposer comme « total look ».

Les perspectives passent ainsi moins par l’imposition de styles fermés que par la capacité des marques à proposer des grammaires simples (matières, couleurs, formes) que les ménages peuvent adapter et réinterpréter dans le temps.

Notre étude sur les styles montre aussi que l’ambiance globale prime souvent sur le style strict, ce qui encourage le développement d’offres transversales mêlant mobilier, déco, luminaires, textiles et petits travaux (peinture, papiers peints) dans une même logique d’accompagnement de projet.

Les enseignes les plus inspirantes, comme Ikea ou Maisons du Monde, confortent leur rôle de « metteurs en scène », mais la diffusion des réseaux sociaux, de la seconde main et du DIY laisse entrevoir un marché où la valeur se déplacera vers le conseil, la scénarisation et les outils d’aide à la projection (configurateurs, contenus éditoriaux, idées déco).

Pour l’Institut de la Maison, les perspectives favorables iront donc aux acteurs capables de conjuguer prix accessibles, liberté de composition et cohérence stylistique, dans un contexte où le style est perçu comme un levier direct de bien‑être au quotidien.

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