Les Européens et le meuble
- Christophe Gazel
- il y a 18 heures
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L’étude « Les Européens et le meuble » révèle des comportements d’achat étonnamment convergents d’un pays à l’autre : partout en Europe, l’équipement en mobilier est dominé par quelques grandes enseignes internationales – au premier rang desquelles Ikea – et dicté avant tout par le prix et le style, tandis que les critères RSE restent secondaires. La France se distingue néanmoins par une forte attente de proximité magasin, une préférence pour les spécialistes du meuble et un intérêt croissant pour l’occasion, en particulier chez les 20–39 ans.

Les Européens et le meuble : des enseignes très concentrées autour d’IKEA
Dans tous les pays étudiés (France, Allemagne, Italie, Espagne, Belgique, Pays‑Bas, Autriche, Danemark, Suisse, Royaume‑Uni), Ikea apparaît dans le top 5 des enseignes citées spontanément pour l’achat de meubles, et très souvent en première position. En France, le trio de tête reste Ikea, But et Conforama, tandis que chaque pays associe Ikea à ses grands généralistes nationaux (XXXLutz et OTTO en Allemagne, Mondo Convenienza en Italie, dfs/Argos/John Lewis au Royaume‑Uni, etc.).
Chez les 20–39 ans, le paysage est encore plus resserré : Ikea, Conforama, Amazon et Maisons du Monde dominent en France, tandis qu’Amazon, JYSK ou XXXLutz montent en puissance dans d’autres pays, soulignant le poids combiné des géants physiques et des grandes plateformes en ligne dans les réflexes de départ. En moyenne, les 5 premières enseignes concentrent plus de 60 % des citations « top of mind », avec des pics dépassant 80 % dans certains pays comme l’Italie ou les Pays‑Bas.
Comment les Européens perçoivent l’offre de meubles
Interrogés sur ce qui caractérise le mieux l’offre de meubles dans leur pays, les Européens mettent en avant quatre dimensions majeures :
« Du choix » (29,8 % en moyenne), première réponse dans la plupart des marchés.
« Pas cher » (28,3 %), surtout en Allemagne, Espagne et Royaume‑Uni, ce qui souligne une attente de prix bas très forte.
« Proche de chez vous » (17,5 %), particulièrement valorisé en Italie et en France.
« Une offre tendance » (15,5 %), davantage citée en Belgique, Pays‑Bas et Suisse.
En France, les répondants associent davantage qu’ailleurs l’offre à : « disponible rapidement », « du choix », « pas cher » et « proche de chez vous », ce qui traduit une attente de combinaison entre largeur d’offre, prix contenus et accessibilité géographique.
Magasin vs Internet : un omnicanal encore très physique
Dans l’ensemble de l’Europe, les consommateurs déclarent majoritairement préférer acheter leurs meubles en magasin : près de 90 % en moyenne pour les enseignes physiques étudiées, contre 10 % seulement qui disent préférer l’achat en ligne pour ces mêmes enseignes. La France est proche de cette moyenne, avec une préférence magasin encore plus marquée chez les plus de 60 ans, même si les 20–39 ans montrent une ouverture plus forte au web.
Sur leurs derniers achats de meubles, les Européens ont réalisé en moyenne 26 % de leurs dépenses sur Internet, avec une France plutôt dans la moyenne basse et un Royaume‑Uni nettement plus digitalisé. Pour l’avenir, le panel européen est partagé : environ 17–18 % disent vouloir augmenter leurs achats en magasin, 17–25 % leurs achats en ligne, le reste ne prévoyant pas de changement, tandis que les 20–39 ans sont plus nombreux à anticiper un basculement progressif vers Internet.
Spécialistes, généralistes et marketplaces
Les Européens, et particulièrement les Français, expriment une préférence nette pour les spécialistes du meuble, que ce soit en magasin ou en ligne. Les sites et magasins généralistes, y compris les grandes marketplaces, restent attractifs pour le prix et la commodité, mais ne sont pas perçus comme l’option idéale dès qu’il s’agit de projets plus impliquants.
La distance au premier magasin reste un déterminant important : en moyenne, les Européens vivent à 22 km de leur première grande enseigne meuble, avec une France autour de 26 km et des variations significatives selon les pays. Pourtant, une part importante des répondants souhaite des magasins plus grands permettant de voir et toucher davantage de produits, signe que le besoin de démonstration physique reste central.
L’essor maîtrisé de l’occasion
Environ 22 % des Européens déclarent avoir acheté des meubles d’occasion lors de leurs derniers achats, un chiffre légèrement supérieur en France, et qui monte à 33 % chez les 20–39 ans français. En moyenne, l’occasion représente autour de 37 % des dépenses meubles des acheteurs concernés, et dépasse 48–50 % en Espagne et en France, ce qui montre qu’elle devient parfois un canal principal plutôt qu’accessoire.
Pour les mois à venir, 17 % des Européens envisagent d’acheter des meubles d’occasion, contre 26,3 % des Français, ce qui place la France au‑dessus de la moyenne européenne en intention. Malgré cela, une large majorité des achats futurs restera orientée vers le neuf, l’occasion jouant surtout un rôle complémentaire ou de montée en gamme maîtrisée.
Critères d’achat : prix, style et RSE
Lorsqu’il s’agit de classer prix, style et critères RSE pour leurs futurs achats de meubles, Européens et Français donnent la même hiérarchie :
Le prix en première position
Le style en deuxième position
Les critères RSE loin derrière
Dans le détail, 82 % des enjeux RSE pris en compte se concentrent sur trois dimensions : la qualité du produit, sa durabilité et le pays d’origine, auxquels s’ajoutent, mais dans une moindre mesure, le respect de l’environnement, des salariés, la fabrication nationale, les matériaux, la réparabilité et la traçabilité du bois. La France se situe très proche de la moyenne européenne : 57,3 % des Français se disent attentifs à la qualité, 59,6 % à la durabilité, 11,2 % à l’origine, et moins de 6 % aux autres dimensions RSE chacune.
Du produit au projet : configurateurs et styles
L’usage des configurateurs (salon, chambre, cuisine) reste encore limité mais progresse, surtout chez les jeunes. En moyenne, 10–11 % des Européens ont déjà utilisé un configurateur pour leur salon‑séjour, 8–9 % pour la chambre et 23–24 % pour la cuisine, avec une France plutôt un peu au‑dessus de la moyenne sur ces trois pièces. Mais les intentions sont beaucoup plus élevées : plus de 60 % des Européens déclarent qu’ils utiliseraient un configurateur pour un futur achat de salon‑séjour ou de chambre, avec des niveaux encore plus forts chez les 20–39 ans.
En matière de style, ce sont les meubles qui définissent principalement le style du séjour, devant la décoration et les revêtements de sol. La très grande majorité des Européens décrivent leur mobilier de séjour comme moderne, et parmi eux, environ la moitié à deux tiers le qualifient de « design fonctionnel de type Ikea ».




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