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Les achats de mobilier en ligne

Les achats de mobilier en ligne occupent désormais une place centrale dans l’équipement du logement : l’e-commerce du meuble pèse près d’un quart du marché français de l’ameublement, porté par le meublant, la literie et les sièges rembourrés. Pour l’Institut de la Maison, ce canal est devenu structurant, tout en demeurant très complémentaire du magasin physique, notamment pour les achats impliquants et les projets complexes comme la cuisine.



Acheteur consultant un site de mobilier en ligne, illustrant la montée de l’e-commerce du meuble.


Le marché du meuble en ligne


La vente de meubles sur Internet (pure players + sites d’enseignes physiques) atteint plus de 3 milliards d’euros. Le meublant représente 42 % des ventes en ligne, devant la literie et les sièges rembourrés, tandis que cuisine, salle de bains et jardin restent plus modestes en valeur, même si le jardin réalise déjà un tiers de son chiffre d’affaires via le web.


La part du e-commerce varie fortement selon les familles : 43 % du marché de la literie passent en ligne, contre 33 % pour le jardin, 31 % pour le meublant, 21 % pour le rembourré et seulement 7 % pour la cuisine. La cuisine intégrée ne pèse que 3,3 % des acheteurs de meubles en ligne et reste freinée par l’investissement, la technicité et la pose, alors que le matelas est le premier produit acheté sur Internet (près de 39 % des acheteurs en ligne en ont déjà acheté un).


Les achats de mobilier en ligne : quels produits et quels acheteurs ?


Les produits les plus achetés en ligne sont : matelas, petits meubles de rangement, meubles de bureau, mobilier de jardin, puis canapés, meubles TV, meubles de chambre et tables basses. Les produits très volumineux ou très techniques (cuisines intégrées, grandes armoires, banquettes) restent en bas de classement, freinés par la livraison, le montage et la difficulté de se projeter.


Un peu plus de la moitié des Français ont déjà acheté un meuble en ligne, avec une forte surreprésentation des 20–39 ans et des CSP+, tandis que les 60 ans et plus restent en retrait. En revanche, propriétaires/locataires et maisons/appartements sont proportionnellement alignés sur la structure de la population : acheter son mobilier en ligne n’est plus un marqueur de statut d’occupation mais de génération et de pratique numérique.


Pourquoi acheter (ou ne pas acheter) en ligne ?


Les principales raisons d’achat en ligne sont :

  • Ne pas trouver en magasin ce que l’on souhaite

  • Gagner du temps

  • Disposer de plus de choix et bénéficier de la livraison


Le prix n’arrive qu’ensuite : 35 % des acheteurs citent le fait que « ce n’est pas cher », ce qui montre que l’e-commerce n’est plus uniquement un canal low-cost mais aussi un moyen d’accéder à une « longue traîne » de styles, de dimensions et de références introuvables en magasin. À l’inverse, les non‑acheteurs invoquent surtout l’impossibilité de voir et d’essayer le meuble et la difficulté à se projeter chez soi, bien avant les questions de sécurité de paiement ou de livraison.


La visite en magasin reste centrale : deux tiers des acheteurs en ligne vont en point de vente avant de commander, principalement pour toucher et essayer le produit et comparer les prix. Les ménages les plus jeunes, pourtant les plus digitalisés, sont aussi ceux qui valident le plus en magasin, illustrant un parcours omnicanal où le web et le point de vente sont complémentaires plutôt que concurrents.


Enseignes et marketplaces : qui capte la demande ?


Dans l’esprit des Français, les trois grands généralistes du meuble (Ikea, But, Conforama) restent les premiers réflexes pour acheter un meuble, très loin devant les pure-players. Côté sites, Cdiscount et Amazon sont les pure players les plus cités, suivis par La Redoute, Leboncoin et ManoMano, qui occupent désormais une place visible dans les parcours d’achat et d’équipement.


Les marketplaces (Amazon, Cdiscount, Veepee, ManoMano, etc.) jouent un rôle majeur mais restent encore mal identifiées : seul un tiers des Français sait vraiment définir ce qu’est une marketplace, et une part non négligeable des achats y sont réalisés « par accident », sans conscience d’être sur une place de marché. Le prix et le choix déterminent le recours à ces plateformes, mais les ménages attendent aussi davantage de visualisation (zoom, vues à 360°, mise en ambiance) et des services de livraison, de SAV et de contact vendeur plus lisibles.


Le point de vue de l’Institut de la Maison


Pour l’Institut de la Maison, l’e-commerce n’est plus un canal périphérique mais un pilier structurant du marché du meuble qui rebat les cartes entre acteurs, segments produits et moments du parcours client. Le numérique accentue la polarisation entre achats rapides, peu impliquants (petits meubles, déco, jardin, literie promotionnelle) et achats très réfléchis, souvent hybrides magasin/web (canapés, armoires, chambres complètes, cuisines), où l’expérience physique reste décisive.

L’Institut souligne que le moteur principal du passage en ligne n’est plus seulement le prix mais l’accès au choix, au gain de temps et à la livraison, ce qui oblige les enseignes à travailler la profondeur de gamme, la lisibilité de l’offre et la qualité logistique autant que la compétitivité tarifaire. La capacité à articuler showroom physique, site e-commerce, conseillers à distance et services (prise de côtes, montage, reprise, financement) devient une condition clé pour capter la croissance future, notamment auprès des jeunes ménages et des CSP+ qui surconsomment le canal digital.

Sur les marketplaces, l’Institut met en avant une tension : ces plateformes offrent prix et abondance mais laissent souvent le consommateur seul face à des offres hétérogènes, d’où des attentes fortes en matière d’information produit, d’avis fiables, de services de livraison et de SAV clarifiés. Dans cette optique, l’e-commerce de l’ameublement est appelé à sortir d’une logique purement transactionnelle pour intégrer davantage de conseil, de projection (visuels, 3D, réalité augmentée) et de garanties, au risque sinon de voir se renforcer la défiance d’une partie des ménages.

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